jeu. Avr 16th, 2026

Aéroport international de Douala 50 milliards de FCFA de drogue saisis

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Ils espéraient faire transiter par le Cameroun l’un des plus gros chargements de stupéfiants de la sous-région. Ils sont tombés sur la douane camerounaise.

Dans les entrailles de l’aéroport international de Douala, les services de douane viennent de réaliser une interception qui restera dans les annales. Ce ne sont pas quelques kilos qui ont été découverts, mais un véritable arsenal chimique : une tonne de tramadol et une tonne et demie de cocaïne. Pour donner une idée de l’ampleur, cela représente près de 40 millions de comprimés de tramadol prêts à inonder le marché. La valeur marchande de cette prise ? Environ 50 milliards de FCFA, soit l’équivalent du budget annuel de plusieurs communes réunies.

Derrière ce chiffre astronomique se cache pourtant une réalité bien plus glaçante : des millions de vies préservées du poison. Car au-delà de l’exploit statistique, le ministre de la Santé publique et son homologue des Finances le rappellent avec gravité : chaque comprimé saisi est un drame familial évité. Une jeunesse qui ne tombera pas dans l’engrenage de la dépendance, des parents qui ne verront pas leur enfant sombrer, des cerveaux qui resteront intacts. Ces produits, désormais sous scellés, seront prochainement détruits conformément à la loi, tandis que les têtes présumées de ce réseau international devront répondre de leurs actes devant la justice camerounaise.

Mais si la répression est un coup de massue contre les trafiquants, elle ne suffit pas à elle seule à guérir les blessures déjà ouvertes dans la société. C’est tout le sens du message porté par les autorités sanitaires : la guerre contre la drogue se gagne aussi, et peut-être surtout, sur le terrain de la prévention. Face à la recrudescence des médicaments détournés et des stupéfiants, l’urgence est d’informer, de sensibiliser et de briser les tabous. Les pouvoirs publics insistent sur un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de punir l’usager, mais de l’accompagner. La dépendance n’est pas un délit, c’est une maladie. Et comme toute maladie, elle nécessite une prise en charge médicale, psychologique et sociale.

Pour transformer cette philosophie en actions concrètes, le gouvernement entend renforcer le réseau de centres de prévention, de dépistage et de réinsertion. L’objectif est clair : offrir une porte de sortie à ceux qui sont déjà tombés dans l’engrenage et ériger des barrières solides pour protéger ceux qui sont en sursis. Cette approche holistique ne pourra cependant fonctionner sans une mobilisation générale.

Les familles, les enseignants, les employeurs et les leaders communautaires sont désormais appelés à former une chaîne de vigilance. Si les douanes et les forces de sécurité ont remporté une bataille éclatante en interceptant cette cargaison, la guerre sera longue. Chaque saisie est une victoire, certes. Mais la plus belle des victoires, celle que tout le monde appelle de ses vœux, serait une jeunesse suffisamment informée et accompagnée pour dire non, par elle-même, à la tentation.

Paul EKWAN

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