Santé publique : le Dr Albert Ze alerte sur les dangers des boissons énergisantes
Le président du Consortium pour la CSU en Afrique, Albert Ze, tire la sonnette d’alarme sur la consommation croissante des boissons énergisantes au Cameroun. Dans une lettre ouverte adressée au Ministre de la Santé publique, il dénonce une « urgence de santé publique » face à ce qu’il qualifie d’« hécatombe annoncée ».
Une crise sanitaire silencieuse
Selon le Dr Albert Ze, la progression de l’hypertension artérielle, des insuffisances rénales et des maladies métaboliques dans le pays serait aggravée par la forte consommation de boissons énergisantes, particulièrement chez les jeunes.
Le médecin critique une politique sanitaire davantage orientée vers le traitement des conséquences que vers la prévention des causes. Il estime que les investissements dans les équipements d’hémodialyse, bien qu’indispensables, ne sauraient remplacer une stratégie de régulation des produits jugés nocifs.
« Soigner les reins détruits est une nécessité, mais empêcher qu’ils se détruisent est un devoir », écrit-il.
Des risques cardiaques et neurologiques dénoncés
Dans sa correspondance, le praticien évoque les effets potentiellement dangereux du mélange de caféine, taurine, glucuronolactone et édulcorants présents dans plusieurs boissons énergisantes commercialisées sur le marché.
Il met notamment en garde contre :
- les tachycardies et troubles du rythme cardiaque ;
- l’hypertension artérielle précoce ;
- les convulsions et troubles neurologiques ;
- l’irritabilité, les hallucinations et certains comportements violents ;
- les risques accrus de diabète de type 2 et d’obésité.
Le Dr Ze considère que ces produits constituent un « danger public » et appelle les autorités sanitaires à agir rapidement.
Des mesures fortes proposées
Face à cette situation, le président du Consortium pour la CSU en Afrique demande :
- l’interdiction ou la limitation de la vente de boissons énergisantes aux mineurs ;
- la mise en place d’une taxation dissuasive ;
- un encadrement strict de la publicité autour de ces produits ;
- le renforcement des campagnes de prévention contre les maladies non transmissibles.
Pour lui, l’enjeu dépasse la simple question commerciale et touche directement à la protection de la jeunesse et à la soutenabilité du système de santé.
Un appel à une réponse gouvernementale
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par la montée des préoccupations liées aux maladies cardiovasculaires et rénales au Cameroun et dans plusieurs pays africains.
À travers cette lettre ouverte, Consortium pour la CSU en Afrique et Institut de Recherche pour la Santé et le Développement interpellent directement les pouvoirs publics sur la nécessité de renforcer les politiques de prévention sanitaire.
Le Dr Albert Ze conclut en appelant les autorités à « choisir la vie plutôt que la gestion comptable de la maladie ».
William’s Tabi



