Lutte contre le VIH : le Cameroun lance la PrEP injectable à longue durée d’action
La ville de Douala a accueilli ce 9 juillet 2026 le lancement officiel de la phase pilote de la prophylaxie pré-exposition injectable (PrEP inj). Présidée par le ministre de la Santé Publique, le Dr Manaouda Malachie, cette initiative marque un tournant technologique et stratégique dans la politique de prévention du pays.
Une injection tous les deux mois pour se protéger du VIH. C’est la révolution médicale que le gouvernement camerounais déploie dès à présent à Douala. L’introduction du cabotégravir à longue durée d’action enrichit l’arsenal de la prévention combinée, offrant une alternative majeure aux traditionnels comprimés quotidiens dont la contrainte de prise affecte souvent l’observance.
Répondre à l’urgence des nouvelles infections
Bien que le Cameroun ait réussi à stabiliser le taux de prévalence national à 2,6 % chez les 15-49 ans, le réservoir de transmission reste actif. Chaque année, le pays enregistre encore près de 21 000 nouvelles infections. Face à ce constat, et conformément aux orientations du président Paul Biya, le ministère de la Santé fait le pari de l’innovation pour cibler les populations les plus exposées.
Le Dr Manaouda Malachie a toutefois tenu à préciser que cette innovation ne remplace pas les outils existants. Elle s’ajoute au préservatif, au dépistage et au suivi médical régulier. Pour garantir le succès de cette phase pilote, le déploiement sera adossé à un encadrement médical strict et à une campagne d’information rigoureuse portée par les acteurs communautaires, essentielle pour briser les préjugés.
Le cap de 2030 en ligne de mire
Ce choix stratégique intervient dans un contexte économique difficile, marqué par le recul des financements internationaux en matière de santé publique. En privilégiant une intervention à fort impact comme le cabotégravir injectable, Yaoundé optimise ses ressources et consolide son Plan stratégique national de lutte contre le Sida 2024-2030. Vous pouvez d’ailleurs consulter les directives mondiales de l’OMS sur la PrEP injectable pour comprendre les enjeux mondiaux de cette molécule.
L’objectif ultime demeure inchangé : éliminer le VIH en tant que menace de santé publique d’ici 2030.


