Lutte contre le paludisme, le VIH et la tuberculose : le Cameroun plaide pour préserver les acquis face à la raréfaction des financements
La 1ère Journée portes ouvertes sur les trois maladies, tenue le 18 juin 2026 à Yaoundé, a mis en lumière les progrès obtenus grâce au Fonds mondial et à Expertise France, tout en appelant à une mobilisation nationale.
Yaoundé – Sous le Haut Patronage du Premier Ministre, le ministère de la Santé publique a organisé ce jeudi 18 juin la première édition de la Journée portes ouvertes dédiée à la lutte contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose.
Placée sous le thème « Performance et redevabilité : les résultats clés des financements du Fonds mondial et de l’Initiative Expertise France contre le paludisme, le VIH et la tuberculose au Cameroun », la rencontre a réuni autorités sanitaires, partenaires techniques et financiers, parlementaires, ambassadeurs et organisations de la société civile.
Des avancées tangibles, mais un fardeau qui reste lourd
Les financements internationaux ont permis des progrès concrets. Le vaccin antipaludique a été déployé dans 42 districts de santé. La prise en charge des enfants de moins de cinq ans est désormais gratuite. Le dépistage du VIH et le diagnostic de la tuberculose ont également été renforcés par le système de santé national.
Malgré ces résultats, les trois maladies continuent de peser sur le système de santé. En 2025, le Cameroun a enregistré 2 943 754 cas de paludisme et 1 261 décès, dont 909 chez les enfants de moins de cinq ans. L’incidence de la tuberculose s’élève à 132 cas pour 100 000 habitants selon les standards de l’OMS. Pour le VIH/Sida, la prévalence reste stable entre 2,6 % et 2,7 % chez les 15-49 ans, avec près de 21 000 nouvelles infections chaque année.
Un appel à la solidarité nationale
Face à la baisse annoncée des financements extérieurs, les responsables des programmes ont tiré la sonnette d’alarme. Ils pointent l’insuffisance des financements durables, la persistance de la stigmatisation liée au VIH/Sida et l’impact des crises humanitaires sur l’accès aux soins.
La principale recommandation issue des échanges porte sur le renforcement du rôle des communautés. Prévention, sensibilisation, prise en charge : les acteurs communautaires sont appelés à occuper une place centrale pour pérenniser les acquis.
Pour le Ministre de la Santé Publique, Dr Malachie Manaouda, le message est clair : « Le système de santé de demain est une affaire de tous. Il est temps de prendre la mesure du travail à faire ».
L’événement a montré que les investissements consentis produisent des résultats mesurables. Reste à transformer cette dynamique en engagement collectif pour atteindre l’élimination de ces pathologies.
WT

