Commémoration de la 38ᵉ Journée mondiale de lutte contre le sida : Le Cameroun face aux défis du financement
Le Cameroun a commémoré la 38ᵉ Journée mondiale de lutte contre le sida le 1ᵉʳ décembre 2025, affichant des progrès notables dans sa riposte contre l’épidémie. Selon les dernières données de 2024, 92% des personnes vivant avec le VIH (PvVIH) connaissent leur statut, et 96% d’entre elles sont sous traitement antirétroviral avec un taux de suppression virale de 93%. Ces chiffres sont le fruit d’un travail acharné et d’une détermination sans faille des autorités sanitaires et des partenaires de la lutte contre le sida.
Cependant, ces acquis sont menacés par la crise de financement internationale. La réduction des aides internationales, notamment celle du PEPFAR, a conduit à des ruptures immédiates de services, compromettant l’accès aux traitements vitaux et aux outils de prévention. Le Cameroun doit donc trouver des solutions pour combler ce déficit de financement et maintenir l’accès aux soins.
Les initiatives innovantes pour faire face à la crise
Pour faire face à cette crise, le Cameroun a mis en place plusieurs initiatives innovantes. Le ministre de la Santé publique, le Dr MANAOUDA Malachie, a récemment présenté les résultats de l’implémentation à l’échelle nationale du nouvel algorithme de dépistage du VIH à trois tests. Cette norme, qui garantit une fiabilité de diagnostic supérieure à 99%, est désormais appliquée dans 3 371 formations sanitaires à travers les dix régions du pays.
La campagne nationale « Vacances sans sida » a également été un succès, mobilisant près de 9,4 millions de jeunes et permettant de réaliser près de 30 000 tests de dépistage volontaire. Le thème de la campagne, « Zéro nouvelle infection à VIH chez les jeunes. C’est notre défi pour 2030 », reflète la priorité accordée à cette tranche d’âge, qui représente une part significative des nouvelles infections.
L’intégration des antirétroviraux injectables à longue durée d’action
Le Conseil scientifique du Comité national de lutte contre le sida (CNLS) s’est réuni pour valider des stratégies avancées, notamment l’intégration future des antirétroviraux injectables à longue durée d’action, une innovation prometteuse pour la prévention et le traitement. Les prochaines Journées scientifiques du CNLS, prévues les 3 et 4 décembre, se pencheront sur la « triple élimination » pour orienter les politiques futures.
La voie à suivre
Le Cameroun doit poursuivre ses efforts pour maintenir l’accès aux soins et atteindre l’objectif d’élimination du sida d’ici 2030. Cela nécessite un leadership national fort, une coopération internationale robuste et des approches centrées sur les droits de l’homme. Le pays doit également mobiliser davantage de ressources nationales pour compenser la réduction des appuis extérieurs et impliquer plus fortement le secteur privé et les collectivités territoriales.
Comme le rappelle le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030 est un objectif à notre portée. Le Cameroun est prêt à relever ce défi, mais il a besoin de l’appui de la communauté internationale pour y parvenir.
Léon LATTOU

