ven. Fév 6th, 2026

Budget Minsanté 2026 : Un record pour une transformation en profondeur

Partager sur

Le ministère de la Santé publique a officiellement lancé l’exécution d’un budget ambitieux de 388,81 milliards de FCFA pour 2026. Lors d’une cérémonie présidée par le Dr Manaouda Malachie, l’accent a été mis sur la transformation du système de santé, avec des investissements massifs dans les infrastructures et la couverture universelle. Toutefois, face au retrait de partenaires et aux crises internes, le ministre a imposé une feuille de route exigeante, plaçant l’année sous le strict credo de la discipline budgétaire, de la redevabilité et de la performance mesurable sur le terrain.

La cérémonie de lancement de l’exécution du budget 2026 du Ministère de la Santé Publique (Minsanté) a dépassé le cadre d’un simple rituel administratif. Sous la présidence du Dr Manaouda Malachie, cet événement a été l’occasion de dévoiler une feuille de route ambitieuse, adossée à une enveloppe budgétaire en nette progression et placée sous l’exigence absolue de résultats. En effet, le budget projeté pour le secteur santé s’établit à 388,81 milliards de FCFA, marquant une hausse significative par rapport aux 297,199 milliards alloués en 2025.

Cette augmentation de près de 91 milliards de FCFA, dont 320,397 milliards sont destinés à l’investissement, illustre la volonté du gouvernement de faire du budget un levier de transformation. Le ministre l’a clairement affirmé : « Pour moi comme pour beaucoup de Camerounais, le budget est un instrument au service de la transformation du système de santé ». Ces fonds seront prioritairement dirigés vers la consolidation de la couverture santé universelle, le renforcement du plateau technique des hôpitaux et l’accélération de la lutte contre des maladies comme le VIH et le paludisme. Cet effort s’inscrit dans la vision plus large portée par le Chef de l’État, visant à placer « l’homme camerounais, sa santé et son bien-être au cœur […] de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035 ».

Un impératif de rigueur face au contexte difficile

Toutefois, cette ambition se déploie dans un environnement contraint. Le Dr Manaouda Malachie a immédiatement tempéré l’optimisme des chiffres en rappelant l’impact du **« retrait de certains partenaires techniques et financiers, ajouté aux différentes crises internes ». Face à ce défi, il a érigé la discipline comme maître-mot : « l’année 2026 doit être celle de la discipline budgétaire, de la maturité managériale et de la redevabilité à tous les niveaux ». Le ton était ferme, rejetant explicitement les pratiques de gaspillage, notamment « la multiplication des ateliers sans lien avec l’impact recherché » ou la précipitation dans l’exécution. « La pratique qui voudrait que, dès l’ouverture du budget, nous engagions l’intégralité des crédits alloués n’est pas acceptable », a-t-il insisté.

Une gouvernance recentrée sur l’impact et la cohésion

Le discours a particulièrement insisté sur un changement profond de culture managériale. Désormais, « chaque dépense doit produire un impact mesurable sur la santé des populations ». Cette exigence s’accompagne d’un renforcement du rôle de l’audit interne et d’une évaluation stricte de la performance. Parallèlement, le ministre a lancé un appel pressant à l’unité d’action, s’adressant avec une franchise notable à certaines structures : « Aux directeurs généraux […] qui se croient indépendants […] : ne venez pas demander les fonds publics […] si vous pensez pouvoir fonctionner en dehors du secteur ». Cet appel à la « loyauté institutionnelle » est indissociable d’une philosophie de management valorisante, car « on ne produit jamais de résultats en menaçant les collaborateurs ».

En définitive, le lancement du budget 2026 du Minsanté marque une étape décisive. Il allie des moyens financiers accrus à un cadre de gouvernance resserré et exigeant. Le ministre a pris l’engagement personnel de veiller à cette rigueur, promettant de « sanctionner les dérives » tout en soutenant les initiatives performantes. Le défi est maintenant de traduire cette enveloppe historique et ces directives fermes en « soins accessibles, des hôpitaux fonctionnels, des personnels motivés et des résultats visibles » pour la population camerounaise.

Léon ATTOU

Loading

Auteur de l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Enregistrez vous à notre Newsletter