ven. Oct 23rd, 2026

VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE : LE CENTRE AFIRI RÉCLAME LA CRÉATION D’UN CONSEIL NATIONAL DE LA FEMME

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Face à la recrudescence des féminicides, la présidente Yvonne Flore Belema Chonga plaide pour une structuration institutionnelle forte capable de fédérer la lutte contre les violences.

Une grande mobilisation sportive menée par le Centre AFIRI et l’ONU a rappelé ce samedi 26 septembre 2026, que la construction d’une paix durable est indissociable de la sécurité des femmes.

Refuser que la moitié de la population vive dans la peur et l’indignité constitue le test ultime de maturité pour toute société soumise à l’épreuve de l’inacceptable. C’est sous le signe de cette exigence civique que les rues de Yaoundé ont vibré ce 26 septembre 2026, à l’occasion d’une grande marche sportive dédiée à la lutte contre les violences basées sur le genre. Organisée en plein cœur de la semaine commémorative des Objectifs de développement durable, cette mobilisation d’envergure, portée par le Centre AFIRI aux côtés du Système des Nations Unies, a rassemblé diplomates, autorités administratives, associations et citoyens. Unis dans un même élan, les participants ont exigé l’arrêt immédiat des féminicides et des infanticides qui meurtrissent durablement le tissu social camerounais.

L’appel des organisations féminines pour un Conseil national

Au premier rang de cette mobilisation, la présidente du Centre AFIRI, Yvonne Flore Belema Chonga, a planté le décor en ancrant son discours dans la dure réalité du terrain. Elle a rappelé avec fermeté que le Cameroun renvoie aujourd’hui une image alarmante en matière de violences extrêmes contre les femmes et les enfants, tout en affirmant la détermination inébranlable de son organisation à poursuivre le combat de la sensibilisation auprès de toutes les communautés.

Pour donner une assise institutionnelle pérenne à cet engagement, elle a solennellement plaidé pour la création tant attendue d’un Conseil national de la femme, destiné à unifier les actions des structures associatives et à porter une voix collective face aux démons de la violence.

Une préoccupation pleinement partagée par Marie Pierre Raky Chaupin, représentante d’ONU Femmes, qui a rappelé que la protection des droits féminins ne se résume pas à une simple commémoration annuelle. Insistant sur la nécessité d’inscrire la culture du respect et de la non-violence au cœur de l’éducation civique dès le plus jeune âge, elle a appelé à une transformation profonde des mentalités au sein des familles, des établissements scolaires et des sphères décisionnelles.

Le sport comme ciment de la paix et levier des Objectifs de développement durable

Donnant une résonance institutionnelle majeure à cet événement, Issa Sanogo, Coordonnateur Résident et chef de l’Équipe de pays des Nations Unies, a inscrit cette marche dans la droite ligne de l’Objectif de développement durable numéro cinq. Il a rappelé avec force que l’émancipation et la sécurité des femmes ne constituent pas une option facultative, mais le socle absolu de tout développement véritable. Selon lui, aucun progrès économique ou social n’est envisageable tant que plus de la moitié de la population camerounaise continuera de vivre dans l’angoisse et la privation de dignité.

En choisissant l’effort physique comme vecteur de sensibilisation, les organisateurs ont démontré que la cohésion sociale se cultive aussi par le fair-play et l’apaisement des tensions. Revêtus de blanc et de noir, les marcheurs ont ainsi adressé un message d’espoir et de fermeté aux législateurs et aux familles, rappelant que l’avenir du Cameroun repose sur une protection inconditionnelle des plus vulnérables.

Léon ATTOU

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