jeu. Oct 22nd, 2026

Interview : Les 1ères Journées Scientifiques de l’Hôpital Général de Yaoundé

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« Nous avons désormais le cadre et le dispositif nécessaires pour organiser ces premières Journées scientifiques » — Pr Guy Aristide BANG, Directeur de la Recherche à l’Hôpital Général de Yaoundé.

À l’heure où les technologies, la recherche et les nouvelles pratiques transforment progressivement la médecine, le Cameroun doit lui aussi penser les contours de la médecine de demain. C’est tout l’enjeu des premières Journées scientifiques de l’Hôpital Général de Yaoundé, prévues du 28 au 30 octobre 2026 autour du thème : « Modernisation de la pratique médicale au Cameroun ».

Dans cet entretien accordé à Santé Nature Infos, le Pr Guy Aristide BANG, Directeur de la Recherche et Secrétaire général du comité d’organisation des 1ères journées scientifiques de l’Hôpital Général de Yaoundé, revient sur les défis de cette modernisation, la place de la recherche, l’innovation et surtout la nécessité de replacer le patient au cœur de toute évolution de la pratique médicale.

1. Professeur, l’Hôpital Général de Yaoundé organise du 28 au 30 octobre 2026 ses premières Journées scientifiques. Pourquoi était-il important de créer ce rendez-vous scientifique ? Depuis son ouverture en 1988, l’Hôpital Général de Yaoundé a trois grandes missions : prodiguer des soins de haut niveau, dispenser des enseignements spécialisés et conduire des travaux de recherche permettant d’améliorer les pratiques. La recherche était jusqu’ici quelque peu en gestation. La création récente d’une Direction de la recherche et de l’évaluation qualité, sous l’impulsion du Pr Noël Emmanuel Essomba, Directeur général, traduit aujourd’hui une volonté managériale forte. Nous avons désormais le cadre et le dispositif nécessaires pour organiser ces premières Journées scientifiques.

2. Pourquoi avoir choisi le thème « Modernisation de la pratique médicale au Cameroun » pour cette première édition ? La médecine évolue à grands pas, en s’appuyant sur des connaissances solides acquises au fil des siècles. Cette modernisation inclut notamment l’intégration des nouvelles technologies, l’amélioration des plateaux techniques, le renforcement des compétences des soignants, mais aussi l’évaluation constante de la satisfaction des patients. Les professionnels camerounais doivent pouvoir accompagner ces transformations et adapter leurs pratiques aux exigences de la médecine moderne.

3. Que signifie concrètement cette modernisation de la pratique médicale dans le contexte camerounais ? Elle implique de faire évoluer nos pratiques tout en restant centrés sur le patient. La médecine est faite pour l’intérêt des patients et non pour la gloire des praticiens. La sécurité du patient et la qualité des soins doivent donc rester au cœur de cette modernisation.

4. Quels sont les principaux défis auxquels la médecine de demain devra répondre au Cameroun ? Ils sont nombreux : le financement de la recherche, l’accès à des équipements de pointe, les infrastructures, la conservation des données médicales et le développement des compétences. Nous disposons de chercheurs de haut niveau, dont certains travaux sont reconnus internationalement, mais la recherche reste encore trop souvent financée sur des fonds propres. Il faut également mieux intégrer la recherche dans les missions des professionnels de santé.

5. Quelle place la recherche scientifique doit-elle occuper dans l’amélioration de la qualité des soins ? Elle doit être centrale. Une recherche davantage institutionnalisée permettra de produire des connaissances directement utiles à nos pratiques. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de ces Journées : réfléchir à la manière de monter des projets de recherche institutionnels et de mobiliser des financements pour les conduire.

6. Comment rapprocher davantage les résultats de la recherche des réalités quotidiennes des patients et des professionnels de santé ? En créant davantage d’espaces d’échanges entre chercheurs et praticiens. Ces Journées seront justement un carrefour du donner et du recevoir, avec une soixantaine d’orateurs et plus de 300 professionnels de santé. Les connaissances produites seront par ailleurs consignées dans le journal scientifique de l’HGY, dont la première parution est prévue à l’occasion de ces Journées.

7. Quel rôle l’Hôpital Général de Yaoundé entend-il jouer dans la recherche, l’innovation et l’évolution des pratiques médicales au Cameroun ? L’HGY veut être un acteur de la recherche, de l’innovation et de l’amélioration des pratiques médicales. Ces Journées traduisent cette ambition. Nous voulons également développer une véritable dynamique de recherche institutionnelle et faire de ces rencontres un rendez-vous scientifique annuel, ouvert progressivement à l’international.

8. Les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle transforment progressivement la médecine. Comment le système de santé camerounais doit-il se préparer à ces mutations ? Nous devons nous ouvrir à ces mutations tout en développant les compétences nécessaires pour les maîtriser. La modernisation implique justement l’intégration des nouvelles technologies, l’amélioration des plateaux techniques et l’adaptation des pratiques. Mais cette évolution doit toujours rester au service de la qualité et de la sécurité des soins.

9. Comment concilier cette modernisation avec les réalités de terrain : coût des équipements, ressources humaines, accessibilité et besoins des populations ? C’est tout l’enjeu. La modernisation ne doit pas être uniquement technologique. Elle concerne aussi les compétences, l’organisation, la qualité et l’écoute des patients. L’évaluation de leur satisfaction est essentielle : les établissements doivent recueillir leurs retours afin d’identifier leurs insuffisances et d’améliorer continuellement leurs services.

10. Quelle place sera accordée aux jeunes médecins, chercheurs et autres professionnels de santé au cours de ces Journées ? Ces Journées s’adressent à tous les professionnels de santé : médecins, infirmiers, aides-soignants et techniciens médico-sanitaires. La recherche ne doit pas être l’apanage des seuls médecins. Le personnel paramédical doit également être impliqué dans la production des connaissances, notamment dans le domaine des soins.

11. Quels seront les principaux sujets ou domaines scientifiques au cœur des échanges ? Nous aurons 15 sessions thématiques et trois tables-rondes avec des experts issus de différents horizons. Elles porteront notamment sur les aspects médico-légaux des féminicides, la promotion de la recherche en milieu hospitalier et l’évaluation de la qualité des soins. Autre innovation : trois interventions chirurgicales seront retransmises en direct du bloc opératoire, permettant aux participants d’échanger en temps réel avec les opérateurs.

12. Ces Journées scientifiques peuvent-elles également favoriser de nouvelles collaborations ? Certainement. La philosophie de ces Journées est précisément de rapprocher les expertises. Nous voulons créer un espace où professionnels de santé, chercheurs, institutions et autres spécialistes peuvent partager leurs expériences, confronter leurs approches et créer de nouvelles collaborations.

13. Concrètement, qu’attendez-vous de ces trois journées de réflexion et de partage d’expériences ? Nous souhaitons qu’elles permettent un véritable enrichissement des pratiques. Chaque participant doit pouvoir repartir avec de nouvelles connaissances, de nouveaux contacts et des outils utiles à sa pratique quotidienne. C’est aussi une occasion de créer une dynamique collective autour de l’amélioration de la qualité des soins.

14. Au-delà de l’événement, quelles suites souhaitez-vous donner aux recommandations et aux réflexions qui émergeront de cette première édition ? Notre ambition est d’inscrire durablement ces Journées dans le paysage scientifique camerounais et africain. Nous souhaitons qu’elles deviennent annuelles, qu’elles s’internationalisent progressivement et que chaque édition apporte de nouvelles innovations. Nous voulons également que les réflexions et recommandations issues des échanges contribuent à renforcer la recherche institutionnelle et l’amélioration des pratiques à l’HGY.

15. Pour terminer, quel message souhaitez-vous adresser aux professionnels de santé, chercheurs, étudiants et à tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de la médecine au Cameroun ? La devise de l’Hôpital Général de Yaoundé est : « Empathie – Modernisme – Excellence ». Ces Journées sont une occasion de venir toucher du doigt la réalité de ces trois valeurs. Si vous souhaitez réfléchir à la modernisation de la pratique médicale, partager vos expériences, apprendre et contribuer à l’amélioration des soins, vous êtes attendus du 28 au 30 octobre 2026 à l’Hôpital Général de Yaoundé.

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