jeu. Juin 11th, 2026

Alerte au Hantavirus : le Cameroun rassure et renforce sa veille sanitair

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Le Cameroun reste en état d’alerte préventive face au foyer international de Hantavirus de souche Andes signalé à bord du navire de croisière « MV Hondius ». Dans une déclaration officielle faite le 15 mai 2026 à Yaoundé, le Ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, a assuré qu’aucun cas n’a été détecté sur le territoire national, tout en annonçant le renforcement immédiat du dispositif national de surveillance et de préparation sanitaire.

Une alerte partie d’un navire de croisière

Selon les autorités sanitaires, l’alerte a été transmise le 2 mai 2026 par le Royaume-Uni à Organisation mondiale de la santé après l’apparition de cas de maladies respiratoires sévères à bord du navire de croisière « MV Hondius », parti d’Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril dernier.

Les investigations menées par l’Institut National des Maladies Transmissibles d’Afrique du Sud, puis confirmées par les Hôpitaux Universitaires de Genève, ont permis d’identifier un hantavirus de souche Andes, une forme rare circulant principalement en Amérique du Sud.

À ce jour, seize cas ont été signalés dans le monde, dont neuf confirmés biologiquement et trois décès. Plus de 150 personnes considérées comme contacts à risque font actuellement l’objet d’un suivi sanitaire dans quatorze pays répartis sur quatre continents.

Une maladie rare aux complications sévères

Dans son intervention, Malachie Manaouda a rappelé que les hantavirus sont habituellement transmis à l’homme par des rongeurs sauvages infectés. Toutefois, la souche Andes présente une particularité préoccupante : une transmission interhumaine demeure possible après des contacts rapprochés et prolongés.

Les symptômes débutent généralement par une forte fièvre, des douleurs musculaires et une fatigue intense avant d’évoluer, dans les cas graves, vers un syndrome cardio-pulmonaire nécessitant une prise en charge en soins intensifs.

Le ministre a souligné que le pronostic peut être sévère, avec une létalité pouvant atteindre 50 % dans certaines situations cliniques. Aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique n’existe actuellement contre cette maladie.

Un risque faible pour le Cameroun

Malgré cette situation internationale, les autorités sanitaires camerounaises estiment que le risque d’introduction du virus dans le pays demeure faible.

Le Cameroun ne figure pas parmi les destinations de rapatriement des passagers du « MV Hondius » et aucun réservoir animal connu du virus des Andes n’a été identifié en Afrique jusqu’à présent.

S’appuyant sur les évaluations de l’OMS, qui écartent tout risque pandémique, le gouvernement appelle les populations au calme.

« La vie économique et sociale doit se poursuivre dans la sérénité », a déclaré le Ministre de la Santé publique, précisant qu’aucune restriction n’est envisagée concernant les déplacements, les marchés, les établissements scolaires ou les lieux de culte.

Le dispositif sanitaire renforcé

Par mesure de précaution, le Centre de Coordination des Opérations d’Urgence de Santé Publique (CCOUSP) a intensifié sa veille sanitaire tandis qu’un plan national de préparation et de riposte est en cours d’élaboration.

La surveillance a également été renforcée dans les principaux points d’entrée du territoire, notamment aux aéroports internationaux de Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen et de Douala, ainsi qu’aux ports de Douala, Kribi et Limbé.

Dans plusieurs hôpitaux de référence, les chambres d’isolement sont en cours de réactivation afin d’anticiper une éventuelle prise en charge de cas sévères. Les autorités sanitaires travaillent également à l’activation du circuit d’acheminement des échantillons biologiques vers l’Institut Pasteur de Dakar, laboratoire régional de référence.

Appel à la responsabilité collective

Le Ministère de la Santé publique invite les voyageurs revenant de zones à risque ou ayant été en contact avec des passagers du navire concerné à consulter rapidement en cas de symptômes respiratoires sévères, de forte fièvre ou de signes d’atteinte rénale.

Les personnels de santé sont appelés à renforcer les mesures de prévention des infections respiratoires, notamment le port des équipements de protection adaptés lors de la prise en charge des cas suspects.

Enfin, Malachie Manaouda a exhorté les médias et les leaders d’opinion à lutter contre la désinformation afin d’éviter toute psychose au sein des populations.

« Le Gouvernement veille. L’État est mobilisé. Rien, dans la situation actuelle, ne justifie l’inquiétude immodérée », a conclu le ministre.

William’s TABI

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