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Lutte contre la tuberculose : le PLNT et FIS-Cameroun renforcent les barrières communautaires

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Alors que la majorité des cas de tuberculose échappe encore au diagnostic au Cameroun, les acteurs de la riposte intensifient la mobilisation sur le terrain. Du 25 au 26 mars 2026, le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) et l’ONG FIS-Cameroun ont organisé, à la Conférence épiscopale de Mvolyé, des ateliers de renforcement des capacités visant à redynamiser l’engagement communautaire, améliorer le dépistage et lutter contre la stigmatisation liée à la maladie.

Par Daniel Anicet MVOTO

En 2024, sur 650 cas attendus, seulement 188 ont été diagnostiqués et 133 mis sous traitement, selon le rapport annuel du Programme national de lutte contre la tuberculose. Un constat préoccupant : près de 71 % des cas échappent encore au dépistage, tandis que le taux de mise sous traitement plafonne à 70,7 %, bien en deçà des standards de l’Organisation mondiale de la santé.

Dans ce contexte, seuls 22 patients, soit 16,5 %, bénéficient actuellement du traitement pilote entièrement oral de six mois. Malgré les efforts du PNLT, plusieurs obstacles persistent : accès limité aux diagnostics rapides, insuffisance des traitements optimaux, barrières financières et sociales, sans oublier les pesanteurs liées aux droits humains, notamment la stigmatisation, la discrimination et les inégalités de genre.
Face à ces défis, UNITAID a financé le projet « Reshaping People-Centric Empowered Community-Led DR-TB Treatment » (RESPECT), une initiative centrée sur les communautés. L’objectif est clair : accroître la demande de services de dépistage et de traitement, améliorer la qualité des soins et promouvoir une approche inclusive fondée sur le plaidoyer et le suivi communautaire. « L’un des piliers du programme RESPECT repose sur l’engagement des communautés touchées par la tuberculose. Leur rôle est essentiel pour renforcer la sensibilisation, améliorer la notification des cas et rapprocher les résultats des objectifs fixés par l’OMS », explique Bertrand Kampoer, coordonnateur de FIS-Cameroun.

Ces ateliers ont également permis de mettre en lumière des résultats encourageants sur le plan thérapeutique. « Sur 30 patients suivis au cours des six derniers mois, plus de 27 sont déjà guéris. Nous attendons les dernières analyses pour confirmer la guérison des autres. Toutefois, depuis janvier 2026, seuls deux nouveaux cas ont été enregistrés, signe que de nombreux malades restent encore dans les communautés », souligne Mireille Kembou, chargée du suivi des patients à l’Hôpital Jamot de Yaoundé.
Un paradoxe qui interpelle et renforce l’urgence d’intensifier les actions de sensibilisation. Car au-delà des chiffres, le véritable défi reste d’atteindre les malades là où ils se trouvent.

À travers ces ateliers, les organisateurs entendent inverser la tendance en misant sur une mobilisation accrue des acteurs communautaires. L’objectif est de briser le silence autour de la tuberculose, encourager le dépistage précoce et garantir une meilleure adhésion aux traitements.

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