OCTOBRE ROSE : 12 idées reçues sur le cancer du sein qui ont la vie dure
Entre les réseaux sociaux, le bouche-à-oreille et certaines croyances transmises de génération en génération, le cancer du sein reste entouré de nombreuses idées fausses. À l’occasion d’Octobre Rose, Santé Nature Info fait le tri entre les mythes et les faits scientifiques.
1. « Le cancer du sein guérit rarement. »
❌ FAUX.
Lorsqu’il est détecté tôt et correctement pris en charge, le cancer du sein peut avoir un très bon pronostic. Les chances de survie dépendent toutefois du type de cancer, de son stade et de l’accès aux traitements.
2. « Si personne dans ma famille n’a eu de cancer du sein, je ne risque rien. »
❌ FAUX.
L’absence d’antécédents familiaux ne protège pas du cancer du sein. L’OMS estime qu’environ 80 % des cancers du sein surviennent chez des femmes ne présentant pas de facteur de risque spécifique autre que le sexe et l’âge.
3. « Le cancer du sein est forcément héréditaire. »
❌ FAUX.
Certaines mutations génétiques, notamment BRCA1 et BRCA2, peuvent être transmises et augmenter fortement le risque. Mais tous les cancers du sein ne sont pas héréditaires.
4. « Une boule dans le sein signifie forcément que c’est un cancer. »
❌ FAUX.
Une masse mammaire peut avoir de nombreuses causes bénignes. Mais toute nouvelle boule ou modification inhabituelle du sein mérite une consultation médicale afin d’en déterminer la cause.
5. « Si la boule ne fait pas mal, ce n’est pas grave. »
❌ FAUX.
Le cancer du sein peut se manifester par une masse indolore. L’absence de douleur ne permet donc pas d’écarter un cancer. Une modification inhabituelle doit être examinée.
6. « Le soutien-gorge, notamment avec armatures, provoque le cancer du sein. »
❌ FAUX.
Aucune relation de cause à effet établie entre le port du soutien-gorge et le développement d’un cancer du sein n’est démontrée.
7. « Les déodorants et antitranspirants provoquent le cancer du sein. »
❌ FAUX.
Les données scientifiques disponibles ne montrent pas de lien établi entre l’utilisation de déodorants ou d’antitranspirants et le cancer du sein.
8. « Seules les femmes âgées peuvent avoir un cancer du sein. »
❌ FAUX.
Le risque augmente avec l’âge, mais des femmes plus jeunes peuvent également être touchées. Et le cancer du sein concerne aussi les hommes, qui représentent environ 0,5 à 1 % des cas.
9. « La succion du sein par le partenaire peut provoquer un cancer du sein. »
❌ FAUX.
Les relations sexuelles, le contact avec le sein ou la succion du mamelon ne sont pas reconnus comme des causes du cancer du sein. En revanche, une anomalie persistante du sein ou du mamelon doit être examinée, indépendamment de l’activité sexuelle.
10. « Après un cancer du sein, il est impossible d’avoir une grossesse. »
❌ FAUX.
Certaines femmes peuvent avoir une grossesse après leur traitement. Des études montrent que la grossesse après un cancer du sein traité n’augmente pas le risque de récidive dans la plupart des cas. Cependant, certains traitements peuvent affecter la fertilité et le moment approprié pour une grossesse doit être discuté avec l’équipe soignante.
11. « Une femme qui a eu un cancer du sein ne peut plus allaiter. »
❌ FAUX.
L’allaitement peut rester possible après certains traitements. Une chirurgie ou une radiothérapie du sein atteint peut cependant réduire la production de lait ou rendre l’allaitement plus difficile. Certains médicaments contre le cancer sont, eux, incompatibles avec l’allaitement.
12. « Une mammographie normale signifie qu’on n’aura jamais de cancer du sein. »
❌ FAUX.
La mammographie est un outil majeur de détection, mais aucun examen de dépistage ne détecte tous les cancers. Une nouvelle masse, une modification de la peau, du mamelon ou tout autre changement inhabituel doit conduire à consulter, même après un examen normal.
> Le cancer du sein n’est pas une fatalité, mais les fausses croyances peuvent parfois retarder le diagnostic. S’informer, connaître les signes d’alerte, respecter les recommandations de dépistage et consulter rapidement en cas d’anomalie sont autant de gestes qui peuvent faire la différence. En ce mois d’Octobre Rose, faisons circuler les bonnes informations plutôt que les idées reçues.
Albertine BITJAGA
avec le contribution du service d’oncologie de L’Hôpital Général de Yaoundé
