Sécurité sanitaire : Le compte à rebours est lancé pour le Health Security Program
Réunis à Yaoundé ce 13 février 2026, le ministre de la Santé publique, le Dr Malachie Manaouda, et une délégation de la Banque mondiale ont scellé les dernières étapes techniques du Health Security Program (HeSP).
La salle de réunion du ministre de la Santé publique a abrité, ce 13 février 2026, une séance de travail décisive pour l’avenir de la sécurité sanitaire camerounaise. Autour du Dr Malachie Manaouda, une délégation de la Banque mondiale venue présenter les conclusions de sa mission de soutien à la préparation du Health Security Program (HeSP).
La salle de réunion du ministre de la Santé publique a abrité, ce 13 février 2026, une séance de travail décisive pour l’avenir de la sécurité sanitaire camerounaise. Autour du Dr Malachie Manaouda, une délégation de la Banque mondiale venue présenter les conclusions de sa mission de soutien à la préparation du Health Security Program (HeSP). Un projet stratégique entre les mains duquel repose, pour partie, la capacité du pays à faire face aux prochaines urgences sanitaires. À mesure que la réunion avançait, les contours du programme se sont précisés. Loin des déclarations de pure forme, les échanges ont porté sur le concret, le technique, l’opérationnel. Trois axes ont structuré la présentation de la délégation : l’évaluation des conditions de mise en vigueur du projet, le niveau d’avancement des activités du fonds de préparation, et enfin le degré de préparation de la mise en œuvre proprement dite.
Les trois clés du démarrage
D’emblée, les experts de la Banque mondiale ont rappelé les conditions qui conditionnent l’entrée en vigueur effective du programme. La première est déjà sur les rails : le décret d’habilitation, document juridique fondamental, a été transmis à la présidence de la République et n’attend plus que sa signature pour devenir opérationnel. Ensuite vient le recrutement du personnel de l’Unité de gestion du projet. Une étape cruciale, car c’est cette équipe qui portera au quotidien la mise en œuvre des activités, suivra l’exécution financière, rendra compte aux partenaires. Sans elle, le projet reste une coquille vide. Enfin, la validation du manuel de procédures constituera le troisième pilier de ce dispositif de lancement. Ce document, véritable bible de l’exécution, fixera les règles de gestion, les circuits de validation, les seuils de passation des marchés.
Un fonds de préparation déjà opérationnel
Parallèlement à ces exigences administratives, les moyens financiers sont déjà en place. Un fonds de préparation estimé à 1,6 million de dollars – soit près d’un milliard de francs CFA – est d’ores et déjà disponible. Ces ressources, gérées par un projet actuellement financé par la Banque mondiale, ont une vocation précise : soutenir les études techniques et environnementales, préparer les appels d’offres, élaborer les outils de gestion, et financer l’appui d’experts spécialisés. Autrement dit, le Cameroun ne part pas de zéro. Pendant que les dernières formalités juridiques se finalisent, les travaux techniques peuvent déjà avancer. Une intelligence de la programmation qui permet de gagner un temps précieux.
Anticiper pour mieux exécuter
Sur ce point, les experts ont insisté avec force : l’anticipation est la clé. Ils ont recommandé de préparer dès maintenant tous les documents d’appel d’offres, de réviser et de mettre à jour le plan de passation des marchés, d’affiner la stratégie d’acquisition. « Toute chose qui garantira une exécution fluide du projet dès son lancement effectif », ont-ils souligné. Car le piège classique des grands projets réside souvent dans ces délais administratifs qui s’étirent, ces marchés qui tardent à être notifiés, ces études qui n’étaient pas prêtes. En anticipant, le ministère de la Santé publique s’assure que le HeSP pourra délivrer ses résultats dans les temps.
Un leadership salué
Au terme des échanges, la délégation de la Banque mondiale a tenu à souligner la qualité de la collaboration avec les autorités sanitaires camerounaises. L’engagement des équipes techniques a été salué, de même que le leadership personnel du Dr Manaouda Malachie. Un leadership qui, ont-ils relevé, s’exerce aussi bien sur ce dossier spécifique que sur l’ensemble des actions de politique publique de santé menées par le ministère. Pour le Cameroun, l’enjeu est clair : renforcer la sécurité sanitaire nationale, c’est-à-dire la capacité à détecter rapidement les épidémies, à y répondre efficacement, à protéger les populations. Le HeSP n’est pas un projet parmi d’autres. Il est l’un des piliers de la résilience du système de santé face aux menaces du prochain siècle.
Reste désormais à franchir les trois dernières étapes. La signature du décret d’habilitation devrait intervenir dans les prochains jours. Le recrutement de l’Unité de gestion suivra, puis la validation du manuel de procédures. Chaque pas rapproche le Cameroun du démarrage effectif d’un programme attendu depuis longtemps par tous les acteurs de la santé publique.
À terme, ce sont des infrastructures, des équipements, des formations, des systèmes de surveillance qui seront renforcés. C’est la capacité du pays à faire face à la prochaine pandémie qui se joue dans ces réunions techniques, ces documents préparatoires, ces décrets en attente de signature. Le Cameroun avance. La Banque mondiale est à ses côtés. Et la sécurité sanitaire nationale devient, jour après jour, un peu plus une réalité.
Georges SOBAKENG
