jeu. Avr 16th, 2026

Malnutrition : 342 millions FCFA pour arracher les enfants à la faim

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Au Port de Douala, le ministre de la Santé a réceptionné 10 500 cartons d’aliments thérapeutiques destinés aux enfants les plus vulnérables, tout en scellant un partenariat stratégique avec Action Contre la Faim.

Des cartons bleus et blancs, anonymes pour le passant pressé, mais qui contiennent ce qui manque cruellement à des milliers d’enfants de l’Extrême-Nord : la vie, tout simplement. Ce sont des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE), ces pâtes nutritives qui, littéralement, arrachent les petits aux griffes de la faim. Valeur de cette cargaison salvatrice : 342 732 674 francs CFA. Un investissement dans l’humain que le Ministre de la Santé Publique est venu réceptionner de ses propres mains, comme pour sceller l’importance du moment. Car derrière les chiffres et les tonnes de marchandises, il y a une réalité qui tord le ventre : celle d’une région, l’Extrême-Nord, où le simple fait de manger peut devenir un combat quotidien. Conflits, dérèglement climatique, insécurité alimentaire : la zone cumule les fragilités. Dans ce contexte de crises superposées, les enfants paient le prix le plus lourd. La malnutrition aiguë sévère guette, rôde, frappe. Et quand elle frappe, seule une réponse rapide peut inverser le cours des choses. Ces ATPE, financés par l’Ambassade des États-Unis à travers un projet mené par Action Contre la Faim (ACF) jusqu’en mars 2026, sont cette réponse. Ils sont le pont entre la survie et l’espoir.

 

Mais distribuer de la nourriture ne suffit pas. Encore faut-il que cette action s’inscrive dans la durée, dans une vision, dans un cadre. C’est exactement ce qu’est venue officialiser la deuxième partie de cette cérémonie. La signature d’une convention-cadre entre le Ministère de la Santé Publique et Action Contre la Faim n’est pas un simple jeu d’écriture administrative. C’est la promesse que désormais, l’urgence et la structure vont main dans la main. Fini les interventions isolées, place à une coordination chirurgicale alignée sur les priorités nationales. Le message du ministre est clair : la générosité ne suffit pas, il faut de l’organisation, de la transparence, des résultats.

Dans cette alliance stratégique, un partenaire discret mais essentiel joue les piliers : l’Ambassade des États-Unis. Depuis juin 2024, son financement permet à ACF d’irriguer en soins nutritionnels et en protection les zones les plus reculées de l’Extrême-Nord. Sans ce soutien, les cartons restés sur le port ne seraient qu’un empilement de boîtes. Avec lui, ils deviennent des vies sauvées. Le ministre l’a rappelé avec gratitude : cette coopération internationale n’est pas une assistance, c’est une main tendue vers une autonomie future.

Alors que les cartons quittent lentement les quais pour rejoindre les dispensaires de brousse, une certitude s’impose. Cette cérémonie n’était pas un aboutissement, mais un commencement. Le début d’une ère où la lutte contre la malnutrition ne sera plus une succession de réactions d’urgence, mais une politique structurée, exigeante, durable. Le Cameroun, en réceptionnant ces alicaments et en signant ce partenariat, ne fait pas que répondre à la faim. Il construit, brique après brique, le droit le plus fondamental qui soit : celui, pour chaque enfant, de grandir, de sourire, de vivre.

Léon ATTOU

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