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Diaspora santé : Le MINSANTE lance une plateforme numérique pour mobiliser le génie de la diaspora

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En réponse directe aux orientations du Chef de l’État, cet outil révolutionnaire propose de structurer l’expertise et les investissements des Camerounais de l’étranger. Désormais, du projet d’équipement biomédical au transfert de compétences, le savoir-faire de la diaspora dispose d’un guichet unique et sécurisé pour moderniser, main dans la main, le système de santé national.

Ce 13 février 2026, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a officiellement présenté la réponse à cette attente silencieuse : la plateforme « Diaspora Santé Cameroun », accessible à l’adresse diaspora.minsante.cm.

Ils sont des milliers, disséminés sur tous les continents. Médecins, chercheurs, ingénieurs biomédicaux, experts en management, investisseurs ou étudiants. Ils portent en eux le savoir acquis sous d’autres cieux et, souvent, le désir brûlant de contribuer à la santé de leurs compatriotes restés au pays. Mais jusqu’ici, trop peu de chemins leur étaient ouverts. Ce 13 février 2026, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a officiellement présenté la réponse à cette attente silencieuse : la plateforme « Diaspora Santé Cameroun », accessible à l’adresse diaspora.minsante.cm. L’initiative, développée par le ministère de la Santé publique, s’inscrit dans la droite ligne des orientations présidentielles. Le chef de l’État, Paul Biya, avait en effet appelé, dans son message à la diaspora du 10 février 2022, à intégrer pleinement les compétences camerounaises de l’étranger dans la dynamique nationale de développement. Aujourd’hui, cet appel prend une forme concrète, opérationnelle, numérique.

Un outil stratégique pour transformer le système de santé

D’emblée, le ministre a planté le décor : la santé publique n’est plus l’affaire de quelques spécialistes confinés dans leurs laboratoires ou leurs cabinets. Elle est une responsabilité collective, un champ de bataille où chaque compétence compte, où chaque bonne volonté trouve sa place. La plateforme « Diaspora Santé » vise précisément à structurer, sécuriser et rendre plus efficace la participation des Camerounais de l’étranger au développement du secteur santé. Concrètement, le dispositif repose sur un parcours utilisateur simple mais exigeant. Tout professionnel ou investisseur issu de la diaspora peut s’inscrire en ligne, créer un compte, et surtout soumettre des projets d’investissement ou d’appui technique. Mais à la différence des initiatives isolées qui, trop souvent, se perdaient dans les méandres administratifs, ces propositions bénéficieront désormais d’un cadre clair et d’un suivi rigoureux.

Du projet à la réalité : un accompagnement sur mesure

Car l’originalité de la plateforme réside dans ce qui se passe après la soumission. Les projets déposés sont instruits par les directions techniques compétentes du ministère, étudiés, affinés si nécessaire. Une fois par mois, un comité présidé par le Secrétaire général du MINSANTE se réunit pour valider les plus aboutis d’entre eux. Ceux-ci intègrent alors la « Banque de projets », vitrine publique des initiatives labellisées par l’État. À ce stade, leurs porteurs peuvent entrer en synergie avec d’autres compatriotes intéressés, mutualiser les forces, démultiplier l’impact. Mieux : ils bénéficient d’un accompagnement technique assuré par le ministère, ainsi que d’un appui pour les démarches administratives nécessaires à la concrétisation de leurs ambitions.

Un pont entre les besoins du terrain et les compétences disponibles

Parallèlement, la plateforme permet aux membres de consulter les besoins prioritaires exprimés par les structures sanitaires camerounaises. Formation, infrastructures, plateaux techniques, expertise clinique, promotion de la santé : l’État signale clairement là où l’attente est la plus forte, là où chaque franc investi aura l’impact le plus décisif. Une manière d’éviter que les bonnes intentions ne se dispersent dans des projets certes louables mais sans ancrage réel dans les priorités nationales.

Un espace pour célébrer les réussites et tisser des liens

Autre fonctionnalité d’importance : l’espace « Success Stories ». Il capitalise les réalisations déjà accomplies par la diaspora, les rend visibles, les transforme en modèles. Projets concrétisés, infrastructures bâties, équipements installés : chaque réussite est publiée avec photos, description détaillée et rapport d’activités téléchargeable. De quoi inspirer ceux qui hésitent encore, et prouver que l’engagement patriotique peut produire du tangible. Enfin, un annuaire interne, accessible uniquement aux membres validés, permet de mettre en relation les Camerounais de la diaspora entre eux, mais aussi avec les personnels de santé exerçant au pays et les responsables des ordres professionnels. Recherches par continent, pays, spécialité, corps de métier : l’outil cartographie les compétences et favorise l’émergence de partenariats collectifs.

Une ouverture à toutes les compétences

Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, « Diaspora Santé » ne s’adresse pas uniquement aux médecins. Chercheurs, ingénieurs biomédicaux, experts en management hospitalier, investisseurs, étudiants, acteurs humanitaires : toute personne de bonne volonté disposant d’une compétence utile au secteur santé peut contribuer. Une ouverture qui reflète la complexité même du système de santé, où la performance clinique dépend aussi de la qualité de la gestion, de la maintenance des équipements, de la recherche, de la formation.

Transparence et gouvernance

Pour garantir la crédibilité du dispositif, le ministère a mis en place un mécanisme de pilotage rigoureux. Une équipe technique dédiée assure le suivi quotidien. Des réunions mensuelles d’évaluation des projets sont organisées. Les réalisations effectuées font l’objet de publications régulières. Le financement de l’initiative est assuré par le budget de l’État, consolidé par la contribution de partenaires institutionnels.

Un acte politique, un acte de foi

Au-delà de l’outil technique, c’est un acte politique que le ministre a posé ce 13 février. Celui d’un pays qui reconnaît que sa diaspora n’est pas une annexe lointaine mais une composante essentielle de son destin. Celui d’un gouvernement qui accepte de s’appuyer sur l’intelligence dispersée de ses enfants. Celui d’une nation qui comprend que l’émergence sanitaire ne se décrète pas : elle se construit main dans la main, ici et là-bas, tous ensemble. La parole est désormais aux Camerounais du large. La main est tendue. Le chemin est balisé. Il ne manque plus que ceux qui l’emprunteront.

Léon ATTOU

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